//La peur du changement

La peur du changement

Le changement est un mot qui suscite souvent deux émotions contraires : le désir et la peur. Vous souhaitez renoncer à une mauvaise habitude mais vous ne voulez pas créer un manque. Vous en avez marre de votre quotidien mais vous craignez de sortir de votre routine. Vous avez envie de construire un nouveau projet mais vous redoutez qu’il se transforme en échec. Vous êtes en couple avec une personne qui ne vous correspond pas mais vous angoissez à l’idée de rester seul(e) ou de ne jamais retrouver quelqu’un. Vous vous sentez bloqué(e) dans un état émotionnel mais vous n’arrivez pas à en sortir. Alors, vous ne faites rien et vous commencez à vous sentir frustré(e). Des centaines de fois j’ai pu faire face à ces types d’attitudes. Et honnêtement, c’est tout à fait normal. Car un changement suggère que l’on passe d’un point A à un point B, d’une situation familière à une nouveauté. En général, c’est cette peur de l’inconnu qui nous tétanise. La question que l’on devrait se poser est la suivante : Est-ce que ma peur est plus grande que mon désir de réaliser ce changement ? Si vous répondez oui, demandez-vous pourquoi ? Et si non, foncez !

Pour ceux qui ont répondu non, vous avez plusieurs options : Premièrement, accepter qu’aujourd’hui vous n’êtes peut-être pas prêt à concrétiser ce changement. Accepter ne veut pas dire renoncer. C’est souvent difficile de prendre conscience que l’on veut intensément une chose mais que l’on n’est pas encore apte à l’obtenir. Et dans un second temps, écouter attentivement votre peur. Qu’est-ce qu’elle vous dit ? Qu’est-ce qu’elle vous apprend ? Par exemple, j’avais envie de me consacrer exclusivement au coaching en développement personnel et d’arrêter le conseil en image. Mais j’étais angoissée à l’idée de franchir ce cap. Alors, j’ai dû faire face à mes peurs.

Peur n°1 : Me confronter à des problèmes plus complexes avec mes coachés.
Peur n°2 : Ne pas avoir les épaules pour les aider à les surmonter.
Peur n°3 : Sortir une seconde fois de ma zone de confort.

J’ai pu comprendre, qu’effectivement j’étais dans l’incapacité à ce moment précis d’aider les autres parce que je n’avais pas fait moi-même la démarche. Qu’il était temps d’accepter de me faire accompagner avant de vouloir en faire autant. Et que j’étais restée trop longtemps en surface et qu’il était nécessaire maintenant de creuser.
Lorsque j’avais parlé à ma thérapeute de mes craintes et de mon envie de changer de voie, elle m’avait répondu très spontanément : « Caroline, tu ne peux pas donner aux autres ce que tu n’as pas. Tu ne peux pas les aider à affronter leurs difficultés si toi-même tu les évites. Tu ne peux pas les aider à se connecter à leurs émotions si toi-même tu t’empêches de les ressentir. Tu ne peux pas les aider à prendre conscience de leur potentiel si toi-même tu l’ignores.»
C’était douloureux. Sauf qu’au fond, je le savais déjà. J’avais conscience de mes blocages et de mes problèmes mais je voulais passer d’un stade à un autre sans en vivre le processus et sans en endurer les épreuves. Mon premier réflexe a été de continuer à faire semblant. Et heureusement, j’ai heurté un mur.
La vie est ironique, elle vous met souvent face à des situations qui vous permettent de panser vos blessures. Si vous ne le faites pas, vous ravivez la plaie. Si vous le faites vous commencez à cicatriser et à enfin comprendre la leçon.
Mon mur a été une rencontre. Cet homme m’a mis sans le vouloir face à mon incapacité à m’aimer pleinement. Il m’a montré que je n’avais pas appris ma leçon. Pourtant, je m’étais séparée de mon ex compagnon après plusieurs années de relation pour justement me recentrer. Et j’étais encore en train de donner, à refuser de recevoir et à continuer de penser que le bonheur de l’autre était plus important que le mien. J’acceptais encore des choses dont je n’avais pas envie. Puis comme rien n’arrive au hasard, il était difficile pour lui de faire confiance et de s’attacher à quelqu’un. Deux égos blessés qui n’auraient pas supporté de baisser les armes. Et me revoilà à mettre fin à une autre relation. Elle a été courte mais très bénéfique, un vrai cadeau. Car elle m’a poussé à chercher les vraies raisons de mon mal-être. J’ai pu découvrir que c’était en partie dû à ma mère qui prenait constamment soin des autres et qui répondait sans cesse à leurs besoins. Et que le concept de penser à soi était purement égoïste à ses yeux. C’était à cause de son éducation et je reproduisais exactement ce même schéma de manière inconsciente. J’ai pu réaliser que je ne voulais plus le répéter. Puis, j’ai commencé à faire sauter plein de barrières, à me confronter à mon passé et à me donner réellement de la valeur. Et toutes mes peurs concernant ma nouvelle activité se sont dissipées.

Demandez-vous de quoi votre surpoids vous protège ? Quelle est la satisfaction que la cigarette vous apporte ? Qu’est-ce qui vous oblige à vous raccrocher à un travail qui vous ennuie ? Qu’est-ce qui vous empêche de quitter cette personne ? Qu’est-ce qui se cache derrière votre colère ou votre tristesse ? Quels sont les bénéfices de vos résistances ? Car si vous persistez dans cette situation, c’est que vous y trouver en quelque sorte votre compte. En tout cas, cela vous apporte une satisfaction à court terme. Dans mon cas, en me focalisant sur mon travail ou sur ma relation de couple, j’évitais de me confronter à mes réels problèmes. C’est avec cette prise de conscience que vous allez pouvoir plus facilement initier le changement.

La peur de l’échec est souvent une des raisons qui nous empêche d’entreprendre une action. Lors d’une de mes périodes de doutes à l’adolescence, ma grande soeur Isabelle m’avait parlé d’une citation du réalisateur kurde Yilmaz Günay qui m’a profondément marqué : « Il vaut mieux être un mauvais boxeur qu’un simple spectateur.» C’est si juste. Nous avons tellement peur de ne pas être le meilleur et d’échouer que l’on ne veut même pas essayer. Alors, nous restons là à observer les autres, à envier leurs succès ou à se satisfaire de leurs échecs. C’est cette citation qui m’a donné le courage d’aller à Paris après mon baccalauréat et de m’inscrire au Cours Florent. C’est ce même courage qui m’a permis d’accepter que je n’étais pas faite pour le milieu du cinéma et que je devais me consacrer à ma seconde passion, le conseil en image. C’est ce même courage qui m’a donné la volonté de créer mon auto-entreprise et de me lancer. Et c’est ce même courage qui m’a aujourd’hui donné la force de changer de voie. Oui, ce n’est pas tous les jours facile et il m’arrive de douter. C’est certain, j’ai choisi l’aventure à la routine, l’insécurité à la stabilité mais j’aime ça ! J’aime le fait de pouvoir organiser mon emploi du temps, de rencontrer tout le temps de nouvelles personnes et d’avoir des moments pour prendre soin de moi. J’aime surtout ce sentiment de faire un travail utile, qui apporte aux autres et qui m’enrichit aussi énormément.

Dans son livre, Imparfaits, libres et heureux, Christophe André nous parle de la différence entre une personne qui a une haute estime d’elle et de celle qui en a une basse, entre celle qui passe à l’action ou non : « Comment font les sujets à bonne estime de soi ? Sont-ils meilleurs que les autres ? Plus intelligents, plus beaux, plus doués ? Ont-ils eu une enfance plus heureuse ? En réalité, la différence ne se situe pas, ou pas totalement, à ce niveau de qualités objectives. Les personnes à haute estime de soi ont des défauts et des doutes, connaissent des échecs et pas seulement des réussites, ressentent aussi, parfois, ou souvent pour certains, doutes et sentiments de fragilité. Simplement, ils les acceptent. Les échecs les affectent. Mais il savent qu’ils sont inévitables si l’on a fait le choix de l’action.
Les critiques les touchent, souvent si elles sont fondées. Mais ils arrivent à reconnaître alors leurs torts sans besoin excessif de se justifier ou, pire, de dénier. Leurs limites et leurs insuffisances les dérangent et les gênent parfois. Mais elles ne les incitent pas pour autant à fuir les situations sociales ou à s’y taire. Simplement, leurs fragilités les incitent à chercher à apprendre à progresser, au lieu d’affirmer et de pérorer, de s’inhiber ou de trembler.
Bref, la caractéristique la plus forte des sujets à bonne estime de soi, c’est qu’ils sont capables de tolérer et d’accepter leurs imperfections, car ils ont construit et intégré une bonne image globale d’eux-même.»

Nous avons tous en nous le potentiel et les capacités de concrétiser nos objectifs. Personnellement, je n’ai pas envie d’avoir de regrets. Si je devais mourir demain, est-ce que le regard des autres sur ma vie aurait une importance ? Est-ce que je me souviendrais de tout ce que j’ai accompli ou des rêves que je n’ai pas osé réaliser ? Je ne veux pas me dire un jour que j’ai renoncé à des projets par peur de l’échec ou de ne pas avoir assumé qui j’étais par peur du rejet.

La vie est mouvement. A vous de voir si vous avez envie de suivre le courant ou de rester bloqué sur place. Affronter ses peurs, c’est en quelque sorte accepter de grandir.

signature caroline rocher
2019-06-12T11:27:57+00:00

5 Comments

  1. Guillaume 13 mai 2018 at 13 h 07 min - Reply

    Excellent article Caroline !
    Au plaisir d’en lire davantage 🙂

    • Caroline Rocher 13 mai 2018 at 21 h 49 min - Reply

      Merci Guillaume 🙂 !

  2. Lacroix 18 mai 2018 at 6 h 36 min - Reply

    Bravo ! Article très intéressant qui me parle énormément ! Vous êtes dans le vrai et cela m est très parlant pour mon métier d hypnotherapeute (où je me sens utile et enrichie) mais qui n est qu une activité secondaire contre une autre activité (confortable mais inintéressante !). Je me demande quand le déclic se ferra…

    • Caroline Rocher 18 mai 2018 at 16 h 04 min - Reply

      Ravie que l’article vous plaise et résonne en vous. Merci pour votre retour ! N’hésitez pas à voir qu’est-ce qui vous fait peur dans le fait de vous lancer pleinement dans votre métier ? Peut-être qu’il serait intéressant d’essayer de vous dire que c’est votre activité principale (même si ce n’est pas encore le cas) et que c’est celui-là que vous souhaitez développer. Et ça se fera 😉 Car en le mettant dans la case « secondaire » c’est ce qu’il devient… Belle journée !

  3. Lacroix 18 mai 2018 at 18 h 16 min - Reply

    Merci pour votre judicieux recadrage… il me servira certainement !

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