Petite, j’ai toujours eu cette tendance à voir le verre à moitié vide. J’avais des difficultés à être reconnaissante pour ce qui était, j’en voulais davantage et une fois l’objet du désir obtenu, le bonheur était de courte durée.

Adulte, cela a généré en moi, une quête du « quand j’aurai … » :  « Quand j’aurai réussi telle action, je pourrai être enfin fière de moi. Quand j’aurai perdu 3kg, je pourrai enfin accepter mon corps ou encore quand je serai en couple, je serai enfin heureuse. »
Au final, j’avais relevé ces défis et je me sentais toujours insatisfaite car il y’avait constamment d’autres objectifs à réaliser, d’autres cases à cocher sur ma do-to list afin que je puisse me sentir enfin comblée. Je ne voyais que ce que je n’avais pas et j’étais constamment focalisée sur les aspects négatifs de ma vie. Courir après une carotte invisible, voilà la sensation que j’ai eu durant toutes ces années.

Pour la majorité de mon entourage, c’était la même chose. Pourquoi ? Parce que lorsque nous regardons la télévision, les réseaux sociaux, nous sommes assaillis de publicités qui prônent que nous serons plus heureux ou mieux dans notre corps avec telle voiture ou telle produit de beauté. Et lorsque nous regardons le journal de 20h, nous sommes constamment sous le flot continu d’informations pessimistes et stressantes qui nous montrent principalement ce qui ne va pas dans le monde afin de nous maintenir dans la peur et l’insatisfaction. En résumant de manière simpliste, une histoire d’argent et de politique. Consommerions-nous autant si nous étions satisfaits de ce ce que nous avons ? Serions-nous aussi manipulables si nous avions confiance en l’avenir ?

Quand j’ai commencé à lire des ouvrages abordant la psychologie positive, j’étais tout d’abord sceptique. Contrairement à la psychologie généraliste qui cherche à résoudre les psychopathologies en se concentrant sur ce qui ne va pas (ce qui n’est pas mauvais hein 😉 ), la psychologie positive est une science qui s’intéresse à ce qui rend les personnes heureuses, résiliantes et optimistes.
Et lors de mes lectures, je tombais constamment sur ce mot : gratitude. Késako ? La gratitude est une émotion qui nous amène à être reconnaissant pour ce que nous avons au quotidien. C’est reconnaître la beauté dans l’instant présent au lieu de la chercher ou de l’attendre dans le futur.
Ils suggéraient tous de noter chaque soir dans un carnet, trois choses pour lesquelles nous avions de la gratitude. Et en faisant cela nous aurions une meilleure gestion du stress, une meilleure santé, un moral reboosté et surtout, une capacité à mieux appréhender les difficultés de la vie. Mmh, cela me paraissait un peu facile et bisounours !

Pour que cela vous parle plus, voici quelques exemples de gratitudes. Ils doivent être formulés de manière positive. J’ai de la gratitude pour :

  • Le magnifique coucher de soleil
  • Le bruit de la pluie alors que je suis au chaud chez moi
  • Le feedback positif de mon patron concernant mon travail
  • La bonne santé de ma fille
  • L’appartement dans lequel je vis, un vrai cocon
  • Le gâteau qu’Eva m’a apporté, il était délicieux !
  • La soirée jeux cool que j’ai passé avec mes ami.e.s
  • Mon amoureux qui m’a offert un joli cadeau sans que je ne m’y attende

Je me disais que c’était trop simpliste et en quoi dire merci pour le gâteau de telle personne allait changer ma vie ? Puis, il y avait quelque chose dans la gratitude de l’ordre de la résignation et qui m’était insupportable. Quand mes proches me disaient « Caro regarde ce que tu as, tu es comme si ou comme ça, c’est génial… Tu as de la chance », automatiquement je me sentais frustrée car non « moi je voulais ça et ça… ». Et c’était un magnifique cercle vicieux et une course effrénée contre le vide.

J’avais peur en acceptant d’être dans la gratitude de me satisfaire d’une vie qui ne me convenait pas alors que non, ce n’était pas ce qui était suggéré… Dans la vie il y a toujours deux versants : un côté cool et un moins cool (pour simplifier) et nous ne pouvons pas nous focaliser uniquement sur un aspect. Et cela ne veut pas dire qu’en étant content de ce que nous avons, rien ne peut évoluer ou changer. D’ailleurs, c’est plutôt l’inverse.

« J’ai commencé à exprimer ma gratitude pour les petites choses, et plus je me montrais reconnaissante, plus l’abondance entrait dans ma vie. En effet, ce sur quoi l’on se concentre grandit, et lorsqu’on se concentre sur les bonnes choses de la vie, on en crée davantage » Oprah Winfrey

J’ai réalisé que mon blocage était la peur du contentement et j’ai pu avancer petit à petit.
Bien entendu, il ne faut surtout pas fermer les yeux sur les problèmes que nous pouvons rencontrer mais plutôt voir qu’il y a également de jolies choses autour de nous qui peuvent nous aider à les surmonter plus aisément justement. Dans mes accompagnements, je sais que je fais d’abord passer mes coaché.e.s par une phase de déballage du négatif afin de pouvoir tout balayer et ensuite pouvoir aborder leurs forces et leurs ressources. Si je ne passe pas par ce processus et que je vais de suite vers le positif, je sais qu’elles ou ils se sentiront bloqué.e.s.

La gratitude nous permet de nous reconnecter à nos « chances » et à la magie du moment. Ce que je veux dire par là, c’est que nous avons tendance à apprécier davantage quelque chose (une relation, la santé etc) qu’une fois que nous ne l’avons plus… et cela génère des regrets, c’est bien dommage non ? Ici, elle nous invite à kiffer et à s’en rendre compte à l’instant T.

Avec le confinement, je pense que nous nous sommes tou.t.e.s rendus compte de ce que nous avions et à quel point nous pensions que tout cela nous était acquis : notre liberté de circuler, de voir qui nous voulons, de respirer l’air sans porter un masque… et finalement, cela nous a montré que rien ne l’était. En savourant chaque instant et en chérissant le temps avec les autres, en nous focalisant sur l’essentiel, nous générons des souvenirs positifs qui nous portent et qui sont bien plus importants que les dernières chaussures ou voiture à la mode (c’est d’ailleurs des choses qui ne nous ont pas été d’une grande utilité durant ces deux derniers mois).

Je pratique la gratitude depuis quelques temps maintenant et elle n’a jamais été aussi intense qu’aujourd’hui, surtout grâce à mon amie Anne-Sophie avec qui j’ai été confinée. Elle a été formée par Florence Servan-Schreiber (qui a notamment écrit 3 kifs par jour) à des ateliers de psychologie positive et elle m’a vraiment donné un autre éclairage concernant cette science.

Auparavant, j’arrivais à noter trois choses par jour que je trouvais sympa dorénavant je les vis. Je les ressens. Sans ressenti, il n y a rien. C’est creux. Pour que cela puisse être impactant, il est essentiel de revivre l’émotion que la gratitude a généré.
Au début, cela est difficile de trouver des aspects positifs dans son quotidien, je le vois avec mes coaché.e.s mais commencez d’abord par les choses les plus basiques ! C’est tout à fait normal que ça ne soit pas de suite une évidence et avec les coups durs de la vie, parfois nous ne voulons pas voir ce qui est beau de peur qu’il ne nous échappe ou nous avons tellement été habitués à être sur la fréquence négative, qu’elle est devenue une sorte de protection pour nous. C’est un entraînement au quotidien.

« Souvenez vous que lorsque vous buvez, c’est le verre à moitié plein que vous buvez et non celui à moitié vide donc c’est celui qui compte ! » Matthieu Ricard.

J’ai envie de partager avec vous mes 3 gratitudes du jour :

  • Sortir sans faire d’attestation
  • La chance d’avoir deux grandes sœurs aussi fortes et géniales, avec qui j’ai une superbe relation et une nièce hyper drôle et mignonne (bon maman, t’es super aussi t’inquiète pas)
  • D’avoir des ami.e.s aussi cools et sur qui je peux compter !

N’hésitez pas à noter vos gratitudes en commentaire, je serai ravie de les lire ! Vous pouvez commencer à les écrire dans un carnet chaque jour mais ce qui est le plus sympa, c’est de les partager avec vos proches lors d’un appel ou d’un verre etc.

signature caroline rocher