//En quoi nos pensées déterminent-elles notre réalité ?

En quoi nos pensées déterminent-elles notre réalité ?

Lorsque nous commençons à nous orienter sur le chemin du changement et de l’introspection, la première étape est de faire face à notre système de croyances. Une croyance est une affirmation fondée ou non qui régit notre mode de fonctionnement et notre vision du monde. Au cours de notre existence, elle se transforme en une conviction que nous érigeons en vérité. Les croyances se construisent à partir de notre éducation, de notre environnement et de nos expériences personnelles. Il n’y en a pas vraiment de positives ou de négatives, cependant, elles peuvent être aidantes ou limitantes ( termes utilisés en PNL ). Certaines peuvent nous pousser à donner le meilleur de nous-même, d’autres nous coupent directement l’herbe sous le pied.

Quelques exemples de croyances aidantes : 

« Quand on veut, on peut », « Mieux vaut tard que jamais », « Tout va à point à qui sait attendre », « Après la pluie, le beau temps », « Je réussis tout ce que j’entreprends », « Je suis quelqu’un de bien », « Je suis fort(e) », « J’ai droit au bonheur », « Je mérite d’être aimé(e) » etc.

Les limitantes :

« La vie est dure », « Il faut souffrir pour avoir ce que l’on veut » , « C’est toujours plus facile pour les autres », « Le temps c’est de l’argent », « Pour être aimé(e), je dois faire plaisir et donner aux autres », « Je n’ai jamais de chance », « Je suis trop vieux pour changer » , « Personne ne peut me comprendre », « Je vais finir seul(e) », « Je suis nul(le) en… » etc.

Une croyance devient problématique lorsqu’elle nous empêche d’exprimer pleinement nos capacités et d’atteindre nos objectifs. Si vous avez la croyance limitante « Je n’y arriverai jamais », vous n’oserez pas initier de nouvelles actions car vous êtes convaincu(e) que quoi que vous fassiez, cela se transformera en échec. Et puis, si vous passez éventuellement à l’acte et que vous n’obtenez pas le résultat escompté, vous vous direz que de toute façon, vous saviez que vous n’alliez pas réussir. Votre croyance fait intégralement partie de votre réalité alors qu’en fait, elle est une construction de votre mental. Elle est le résultat de votre vécu, ce n’est en rien LA vérité universelle mais seulement, VOTRE vérité. Je peux profondément croire que « Quand on veut, on peut » et une autre personne peut me répondre que ce n’est pas vrai, « C’est toujours plus facile pour les autres ». Est-ce que l’un de nous a tort ou a raison ? Non, nous avons juste deux vécus et visions du monde distincts et de ce fait, nous réagirons différemment aux mêmes types de situations dans notre vie. L’un ira plus aisément vers ses envies alors que l’autre, avec plus d’appréhension.

Beaucoup de conflits et d’incompréhensions sont dus à ces confrontations entre ces diverses approches du monde. Car chaque personne se bat selon son point de vue au lieu de juste chercher à comprendre l’autre.

Une de mes croyances a longtemps été que je devais être parfaite pour être aimée. Durant des années, j’ai eu le sentiment de ne jamais être à la hauteur et avais cette fâcheuse tendance à vouloir être la meilleure. Si l’on me remarque, si l’on me porte de l’attention alors peut-être que cela suscitera de l’intérêt. Le côté positif était que je cherchais constamment à me dépasser et à vouloir m’améliorer. Mais le côté négatif était que j’étais tout le temps insatisfaite. Je ne me trouvais jamais assez intelligente, jamais assez jolie, jamais assez intéressante ou compétente. Malgré toutes mes actions, ce n’était jamais suffisant. Je n’étais à l’écoute d’aucun compliment sur mon travail ou me concernant. D’ailleurs, j’étais plus à la recherche de la critique. Même si elle pouvait me blesser, je me disais qu’elle pouvait me permettre de m’améliorer. Souvent, j’étais déçue et frustrée car comme vous le savez, tout est perfectible. Dès que je me donnais un nouveau défi à réaliser, j’étais incapable d’en savourer la victoire une fois qu’il était atteint.
Cela me fait penser à la fois où je m’étais décidée à retourner aux cours de boxe le soir après plusieurs mois de pratique les après-midi. Je n’y avais plus mis les pieds car il y avait trop de monde et surtout, je me sentais nulle. Je m’étais dit que si j’y allais, il fallait que cette fois-ci le coach me remarque et me félicite, lui qui est si avare en compliments. Cela a été le cas. À la fin du cours, il m’avait fait boxer avec la championne du club et m’avait dit que je me débrouillais vraiment bien pour quelqu’un qui avait commencé il y a peu. Cependant, lorsqu’il lui avait demandé ce qu’elle en avait pensé, elle avait répondu « Peureuse ». Forcément, je n’en avais plus rien à faire de ce qu’il avait pu me dire, pourtant à la base c’était de lui que j’attendais un retour. Et je restais bloquée sur cette phrase. La semaine suivante, j’avais demandé à refaire un assaut avec elle. Je n’avais pas reculé et elle m’avait dit « Pas mal, tu es restée ». J’étais plus ou moins fière et les seuls souvenirs que j’avais gardé de ce petit exploit étaient deux énormes bleus sur les côtes pendant plusieurs jours.

Pourquoi étais-je si exigeante envers moi-même ? Pour quelles raisons ne pouvais-je pas simplement être contente de ce que je faisais ? Je me suis remémorée chaque instant où un enseignant avait dit « Caroline n’exploite pas toutes ses capacités », « Peut mieux faire », « C’est bien, mais… » ou encore « Elle se repose sur ses acquis ». J’ai repensé à mon père qui me comparait sans cesse à mes deux grandes soeurs : « C’est honteux si tu n’obtiens pas ton baccalauréat comme elles » ou « Tu es la plus jolie mais pas la plus intelligente ». Je me souviens avoir pleuré toutes les larmes de mon corps suite à mes résultats du Bac. Car contrairement à elles, j’avais raté la mention « assez bien » de 0.30 points. Même ce jour-là, je n’avais pas pu être heureuse de l’avoir tout simplement obtenu. Puis, j’avais pu lire dans ses yeux qu’il ne l’avait pas été non plus. Malheureusement, j’avais confirmé sa croyance. Et à ce moment précis, elle était aussi devenue mienne. C’était fini, je ne pouvais plus me contenter ou me satisfaire de qui j’étais.

Dès l’école, nous sommes tous mis à l’épreuve, seuls ceux qui excellent sont récompensés. À la maison, j’avais l’impression de devoir tous le temps gigoter ou faire mieux que les autres pour exister. J’avais le sentiment qu’être moi avec mes qualités et mes défauts était insuffisant. Et je me demandais, quand est-ce que ce serait le cas ? Et si c’était ça mon maximum ? Parce que j’avais beau me dire « Quand tu auras fait tel changement, tu pourras être fière » ou « Si tu atteinds tel but, tu te sentiras mieux ». Et bien cela n’arrivait jamais, je passais tout de suite à un autre « Quand » ou un autre « Si ».

Les croyances limitantes s’immiscent dans notre esprit de manière inconsciente et nous empêchent d’être pleinement nous-mêmes. Notre manière d’appréhender la vie en ressort changée. Dès lors, nous portons un filtre devant les yeux qui nous empêche de tendre vers nos souhaits et de voir les choses autrement. Nous attirons ensuite sans cesse les mêmes situations qui confirment nos craintes comme pour les valider et ainsi pouvoir finir par nous dire, j’avais ou il avait raison.

Exercice pour identifier et prendre conscience de vos croyances :

Quelles sont les croyances que vous vous répétez sans cesse ? Vous dites-vous souvent, à chaque fois que j’agis d’une manière, j’attire tout le temps la même situation ? Ou je suis toujours comme si ou comme cela ? Quelles sont les généralités ou les a priori que vous avez sur les autres, les femmes ou les hommes ? Sur la vie ? Êtes-vous plutôt optimiste ou fataliste ?

Prenez une feuille, dessinez un tableau avec deux colonnes et listez toutes vos croyances, d’un côté celles qui vous permettent d’aller de l’avant et de l’autre, celles qui vous bloquent dans votre élan.

Demandez-vous maintenant d’où proviennent chacune d’entre elles ? Est-ce que ce sont les vôtres, celles de vos parents ou encore celles d’un proche ? Un enseignant ? Un(e) amoureux(se) ? Quels sont les événements ou les faits qui les ont validées ? Est-ce que l’histoire s’est répétée plusieurs fois ? Est-ce qu’elles sont encore vraies aujourd’hui ?

En prenant conscience des miennes, petit à petit j’ai pu leur accorder moins d’importance. Je savais qu’elles n’étaient pas moi, j’avais vu d’où elles venaient et il était possible à présent de les modifier. Dans ce cheminement, la patience est la clé. Cela faisait des années que j’étais convaincue que je devais être d’une certaine manière, c’était automatique, il me fallait du temps pour penser le contraire. Dorénavant, quand mon côté perfectionniste pointe le bout de son nez, je note toutes mes réussites dans un carnet afin que le négatif ne l’emporte pas si aisément sur le positif. Et j’essaye d’en retenir le meilleur, la partie qui me fait avancer.

Le plus important lors de ce travail est de parler et de ne pas hésiter à solliciter l’écoute d’un membre de votre famille, d’un(e) ami(e) ou d’un(e) thérapeute. Car c’est en libérant la parole que vous pourrez plus facilement mettre en lumière vos schémas de fonctionnement et vous comprendre. D’ailleurs, en discutant avec mon père de l’impact qu’avait eu ses mots, cela m’avait permis de me délester d’un poids et de lui donner l’occasion d’admettre son erreur et de s’en excuser.

Votre réalité est le reflet de vos croyances les plus fortes. N’hésitez pas à faire le tri et à garder avec vous, celles qui vous rapprochent au plus près de vos rêves …

signature caroline rocher
2018-05-27T12:37:47+00:00

One Comment

  1. Aurelieb 26 mai 2018 at 11 h 23 min - Reply

    Super intéressant ! Je vais faire l’exercice de ce pas 🙂

Leave A Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.